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Plan d'implantation du futur projet

« De l'art de circonscrire le monde » [nouveau musée – bâtiment E2*]

Du temps d'Albert Kahn, l'ambition d'un « recensement du monde » est devenue possible avec l'apparition encore récente des modes d'enregistrement du réel par l'image et la croyance dans l'objectivité de ces représentations. L'image est alors considérée comme une archive authentique, une surface sur laquelle s'inscrit un réel directement captable au-delà de toute visée idéologique ou esthétique.

Les projets de constitution d'ensembles documentaires à cette époque s'appuient essentiellement sur un principe de collecte et de classement de photographies hétéroclites préexistantes. Contrairement à ces fonds réalisés à partir de clichés déjà faits, « récupérés » voire détournés de leur usage initial, le travail réalisé pour les Archives de la Planète apparaît d'abord comme une entreprise de production. La pratique directe du terrain par des opérateurs photographes et cinéastes en est un élément central, la rendant profondément originale. Dans la continuité des autres fondations créées par le banquier, les images sont réalisées dans un but précis, venant enrichir une démonstration, une réflexion, un certain discours sur l'état du monde.

La partie introductive du parcours permanent évoquera la place donnée aux Archives de la Planète dans l'oeuvre de Kahn et dans l'histoire de la production photographique et cinématographique. Derrière une homogénéité des supports (autochromes** et films), les Archives de la Planète présentent une réelle hétérogénéité quant aux sujets traités, croisant différentes disciplines, influences, relations à l'ailleurs, types de récits… Pour faire sentir cette complexité, remettre cette démarche dans son contexte et donner des clés de lecture aux visiteurs, les collections seront organisées autour de la mise en tension de quatre pôles thématiques constituant quatre lectures différentes du réel : géographie, ethnologie, voyage et actualité.

« La fabrique des images » [Bâtiment C]

En abordant la question des modes de production des fonds, le parcours réintroduira une distance critique et s'efforcera de casser la tentation de lecture au premier degré des images. Ces dernières ne doivent pas être considérées comme des saisies incontestables d'une réalité - comme c'est souvent le cas - mais bien comme le produit d'un regard orienté, construit, conditionné par une démarche intellectuelle et des choix techniques.

Le projet des Archives de la Planète est traversé par l'utopie d'une représentation totale du réel, saisi dans ses différents aspects (couleur, mouvement). Une douzaine d'opérateurs sont alors envoyés sur le terrain afin de consigner les différentes réalités culturelles. Le parcours proposera  un dispositif d'écucation à l'image. La question de leur diffusion sera également évoquée.  

« Mettre le monde en boîte » [Bâtiment B]

La salle dite « des plaques », « Laboratoire » du temps d'Albert Kahn, constitue la partie la plus spectaculaire de l'ancienne conservation où le visiteur éprouve physiquement la réalité de l'entreprise d'archivage du monde.

Ce lieu sera consacré à la question de « l'inventaire » et des modes de consignation du réel, notamment grâce à la programmation de cartes blanches données à des artistes.

« Projection/déambulation, une expérience sensible » [Bâtiment B]

Émanation de l'esprit du temps, celui des grands inventaires ayant pour ambition d'embrasser tout l'univers, les collections de jardins et d'images se répondent et s'éclairent mutuellement. À la recherche d'objectivité grâce à l'image, répond une tentative de synthèse poétique grâce au végétal. Kahn met le monde à portée de main lors d'une immersion de quelques heures dans son domaine boulonnais. Par des promenades dans son somptueux jardin à thèmes entrecoupées de projections spectaculaires, il conditionne l'élite à une réflexion autour de la richesse produite par la coexistence de la diversité.

L'espace dédié à la projection d'images fixes et animées permettra d'évoquer l'esprit de l'époque du mécène, en proposant notamment des projections-types dont nous connaissons l'ordre et la nature grâce aux registres d'inventaires.

« Un jardin de son temps ? » [Bâtiments G et F]

Les ailes latérales de la serre réinscriront ce jardin dans l'histoire de l'art des jardins, afin de dégager sa conformité à l'esprit du temps et sa profonde originalité. Elles distribueront, de part et d'autre, le jardin d'hiver, élément patrimonial exceptionnel intégré de façon très articulée au reste du parcours. Les terrasses, à nouveau accessibles, offriront un point de vue sur la totalité du site pour mieux en faire comprendre l'organisation. Grâce au mécénat de la Fondation TOTAL et de l'entreprise CGPA, la Fondation du patrimoine soutient la restauration de la Serre d'Albert-Kahn, musée et jardins départementaux.

La grange vosgienne constituera un espace d'interprétation sur les questions de patrimoine végétal. L'art des jardiniers et les techniques horticoles à l'époque de Kahn seront mises en perspective à travers les modes de gestion d'un jardin historique aujourd'hui. L'exceptionnel fonds consacré au seul jardin, avec plus de 4 000 autochromes, grâce auquel le site a pu être restauré dans son esprit d'origine sera également questionné. 

Les fabriques japonaises [Bâtiments H]

Le Département des Hauts-de-Seine restaure l'ensemble architectural du village japonais installé à l'époque d'Albert Kahn. Cette opération, qui se déroulera  parallèlement en 2015, suit des enquêtes historiques et archéologiques menées dans les archives du musée et sur les édifices. Les maisons seront démontées, leurs éléments seront restaurés avant un remontage complet.