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La première pierre du nouveau musée a été posée samedi 2 avril à Boulogne-Billancourt. Un projet fidèle à l’esprit du lieu et de son fondateur.

 
CP CD92/Willy Labre / Patrick Devedjian entouré de l'architecte Kengo Kuma, du maire de Boulogne-Billancourt Pierre-Christophe Baguet, de l'Ambassadeur du Japon en France M. Suzuki, du préfet des Hauts-de-Seine Yann Jounot et du vice-président du conseil départemental chargé de la culture, Christian Dupuy.

« Albert Kahn était un prophète qui a annoncé le monde dans lequel nous vivons. Il a été précurseur de par l’importance qu’il a accordée aux échanges culturels et de par celle qu’il a donnée aux jardins, aux liens entre les bâtiments et les jardins. C’est en s’inspirant de son exemple, de sa philosophie que nous avons travaillé sur le projet qui nous réunit aujourd’hui. » C’est en ces mots que l’architecte japonais Kengo Kuma à qui l’on doit déjà la Cité des Arts de Besançon, le Frac de Marseille ou le futur stade des JO de Tokyo, a résumé son travail à Boulogne.

Aujourd’hui, Albert-Kahn, musée et jardin, c’est un site départemental de quatre hectares, classé « musée de France » par l’État et depuis peu inscrit au titre des « Monuments historiques ». Ses collections, on les doit au banquier, devenu, philanthrope Albert Kahn (1860-1940). Tout d’abord un jardin à scènes qui fait coexister une forêt vosgienne, une roseraie, un jardin anglais, un autre français et un village japonais. Et le musée conserve les Archives de la Planète : un fonds documentaire riche de 72 000 autochromes - l’ancêtre de la photo couleurs - et d’une centaine d’heures de films, témoignages exceptionnels de la vie au début du XXe siècle dans une cinquantaine de pays.

« Le projet que nous conduisons ici poursuit plusieurs objectifs, explique Patrick Devedjian. Il s’agit d’abord de mieux accueillir les visiteurs [ils sont plus de cent mille chaque année, ndlr], mais aussi de mieux protéger le site, dont certains espaces risquaient d’être menacés par une trop forte fréquentation. Il s’agit aussi de donner au public toutes les clés pour comprendre l’histoire et la vocation originelle du lieu. » Le projet départemental, dont le budget est de 27,8 millions d’euros, comprend la construction du nouveau bâtiment de 2 300 m2, un nouveau parcours permanent avec une présentation renouvelée des collections, la rénovation de neuf bâtiments existants, des espaces d’expositions temporaires, un auditorium d’une centaine de places, des espaces pédagogiques, un centre de documentation et de recherche, une librairie-boutique, un restaurant et un salon de thé.

Respect de la tradition

En parallèle, le Département a entrepris la restauration des maisons japonaises dont la cérémonie traditionnelle de bénédiction, sous la direction du maître charpentier, avait lieu le 2 avril aussi juste avant la pose de la première pierre. Ces petits pavillons datant de l’époque Meiji, entre 1868 et 1912, ont été importés à Boulogne par Albert Kahn.

CP CD92/Willy Labre


Leur restauration, par des charpentiers français et japonais, s’appuie sur une étude technique et un diagnostic précis, réalisés par un archéologue spécialiste de l’architecture japonaise de la fin du XIXe siècle. « Mon pays est mis à l’honneur à Boulogne-Billancourt et dans les Hauts-de-Seine, a souligné l’Ambassadeur du Japon en France. Le travail initié ici montre votre appréciation et votre respect de la culture japonaise. »

Pour Patrick Devedjian, « le nouveau musée entend poursuivre cette volonté portée par Albert Kahn : il sera un lieu vivant, avec une large fonction pédagogique ; un lieu de débats et d’échanges ; un lieu de réflexions sur la manière dont les relations entre les peuples ont évolué depuis plus d’un siècle ». Les travaux se poursuivront jusqu’en octobre 2017. Suivra l’aménagement des espaces d’exposition jusqu’en février 2018.

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