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Michel Desvigne est associé à l’architecte Kengo Kuma pour la restructuration du musée départemental Albert-Kahn à Boulogne. Un travail subtil de « recouture » en marge du jardin actuel.   

HDSmag : Quel est votre rôle dans ce projet?
Michel Desvigne : Il s’agit d’accompagner le projet architectural, d’intervenir autour des nouveaux bâtiments ou des anciennes constructions qui vont connaître un nouvel usage. C’est une intervention modeste, une « recouture » très subtile. Le jardin Albert-Kahn fait quatre hectares. Il nous a été demandé de réfléchir à ce que nous pourrions faire sur trois secteurs différents représentant 0,4 hectare. Plus précisément, nous n’interviendrons que sur la moitié de ce périmètre, soit 5 % de la surface totale du jardin.

HDSmag  : Que faites-vous sur ces 5 % ?
Michel Desvigne : Nous intervenons pour commencer sur des lieux délaissés, des friches, des arrière-cours de bâtiments administratifs, un parking du personnel, autour des toilettes publiques, des zones techniques… Il s’agit de faire gagner de la surface au jardin grâce à des plantations en accord avec leur environnement. La palette végétale, déjà présente ou adaptée, est cohérente avec les singularités des jardins : jardins anglais, jardins japonais.
Une autre partie de notre travail consiste à mettre aux normes les bâtiments en ce qui concerne l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. Pour éviter les rampes style « bureau de Poste », nous avons dessiné de nouveaux mouvements de sol pour gagner quelques dizaines de centimètres par-ci par-là mais sans rien toucher à l’existant.

HDSmag :Vous intervenez aussi au niveau du nouveau bâtiment…
Michel Desvigne : C’est là en effet qu’il y a eu le plus gros travail conceptuel. Le nouveau bâtiment dessiné par Kengo Kuma donne sur le jardin anglais. Il fallait pouvoir y accéder sans empiéter sur le jardin et sans modifier les circulations existantes. Au lieu d’une grande entrée frontale, nous avons opté pour une sorte de coursive avec différents cheminements en pierre et trois accès possibles au jardin. Un peu comme un cloître, c’est un espace intermédiaire où l’on circule avant de trouver son chemin. Cela permet également l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. Cela fonctionne bien et nous réfléchissions déjà à inclure cette solution dans d’autres projets.

Propos recueillis par Émilie Vast pour HDSmag janvier/févirer 2015, n°39


Rénovation en cours

La restructuration du musée Albert-Kahn est entrée dans une phase concrète en septembre dernier avec, pour première étape, la démolition des immeubles rue du Port. Ce projet, signé par l’architecte Kengo Kuma, prévoit la rénovation du bâti existant et la construction d’un nouveau bâtiment de trois niveaux et 2 300 m2 avec des espaces d’expositions permanentes et temporaires, un centre de ressources documentaires, des espaces pédagogiques, un restaurant et salon de thé avec terrasse. Le jardin, intégralement préservé, bénéficiera quant à lui de la réhabilitation de la serre et de la grange vosgienne ainsi que de la restauration des « fabriques », ces petites maisons en bois situées à l’entrée du jardin japonais.